Thursday, August 29, 2013

la rive.


Si j’avais ton temps, j’irais observer mon histoire.

Un jour sur deux.

Pour vivre et regarder l’air souffler. Pour te caresser la joue et admirer ta face de gravure sur l'étagère du jardin.

Pour être proche. Puis loin. Pour sentir. Et savoir. Pour être la créature. Et devenir Dieu.
Pour pleurer. Puis méditer. Pour les regrets. Pour le futur.

Si j’avais ton temps, j’irais boire un thé avec toutes les mégères esseulées en quête de leur volcan interne.

J’irais offrir un chocolat à tous les héros de palier en quête de leur mission suprême.

Si j’avais ton temps, j’aurais bien trop de temps.


Si j’avais ton temps.


Sunday, January 09, 2011

Le détour




Tourne à droite, la chaumière est à gauche.

Parce que si l’attente n’est pas l’accomplissement, l’accomplissement, lui, ne dure qu’une seconde.

Parce que si je te libère aujourd’hui je n’aurais plus d’excuse.
Parce que j’ai tant cherché
à modifier l’atmosphère de la pièce commune qu’aujourd’hui je crois que faire de la misère un objet de valeur est une mission humanitaire.

J’éparpille ma personne sur les projets de construction, et je fais du stop sur mon canapé.

Les poils doux du compagnon organique rassurent l’esprit
qui ne communique que par le
toucher.

Je retourne à ces lieux de vie rêvée, je retourne à ces lieux du temps inaltéré.
Je tends la main au coucher du soleil brûlant, je tends la main à la pensée du moment marquant.

C’est une vie...
Ne pas.

Ça le devient. Je le deviens. Je deviens ça.

Gris taupe.

Thursday, September 24, 2009

the growth.


C'est fou.

C'est fou comme tu as changé.

C'est fou comme ce jeune homme complexe et complexé d'antan a laissé place à l'homme de feu qui pas à pas, ravive la flamme d'un horizon brouillé.

C'est fou comme l'oiseau fragile et fébrile semble avoir fait son temps.

C'est fou comme tes poils ne te font plus peur.

C'est fou comme ta marche est aujourd'hui cadencée.

C'est fou comme tes yeux ont abandonné le gris du bitume pour le bleu du ciel.

C'est fou comme ta main ne repousse plus, mais donne.

C'est fou comme les gens te voient passer, aujourd'hui.

C'est fou, tu es enfin là.

Thursday, August 20, 2009

this is colored.























Il coule de l'enthousiasme sur la fête des sexes identiques qui se rapprochent.

Une similarité des genres dans les binômes représentée par une, deux, trois...

Par toutes les couleurs.

Ils se montrent, ces gens fiers aujourd'hui.
Ils se rencontrent, ces gens seuls hier.

Ils démontrent que les yeux bandés des autres jours dissimulent une réalité flamboyante.

Menaçante.

La victime, un idéal-ogie de l'intégration de soi par le masquage de l'autre.

Je suis coloré.
Je suis fier.
Je suis.

Avec vous.
Vous tous.



Monday, July 21, 2008

la leçon.




j'avais stabilisé le tremblement ultime, la vie risquée.
j'avais trouvé la cadence juste, entre la résignation au bonheur maîtrisé et la joie vive.

et tu t'es infiltré.


l'existence est un hammac dont les temps se comptent en balancements doux.

c'est pour partir vers mon mon paradis fantasmé que tu brises l'ébauche de notre entité.


je te ressens fort, et te jalouse.
je te déteste et te comprends mieux que personne.


un peu d'histoire, enfin rencontrée.
de la douleur comme jamais.

dis à la grande tour plate que j'arrive bientôt, avec mes questions et ma colère transformée.

éclaire moi vers le chemin du devenir.


je suis plus prêt à être prêt.

à ma vie.


Wednesday, June 27, 2007

le chant gris.




















photo: Nadja, by Katinka Goldberg.


elle pratique la contrebande de mélancolie.

du grave sans cesse, une haine de la quête accomplie, une perspective illimitée.
c'est elle.

c'est elle qui trois fois par jour attend près d'un mur que le vent vienne déplacer ses cheveux.
c'est elle qui se souvient, ajuste et neutralise.

c'est elle qui se veut diplomate reconnue parfois, insatisfaite, non pervertie par un globe où la couleur s'achète et se vénère dans une démarche de surface.

c'est elle qui contraste, radie par sa fadeur conventionnellement proclamée.

je ne me montre pas, je ne m'intègre pas.
j'ajoute une dimension.
un angle incarné.

l'oracle, jamais devinée longtemps.

Sunday, December 03, 2006

innocent shark.


















photo: Anni Payne

Je suis retombé dans l’enfance, depuis ton départ.

Je ne refuse plus de bonbons, je glisse sur la rampe de l’escalier.

Tu dirais que je n’ai rien appliqué, rien appris.
Je te dirais que si, que j’étais plus triste que ça.

Je fais ma tête de méchant dans les transports, et je refuse de me jeter dans les bras de la première personne qui me sourit pour lui demander dans quel sens il faut observer pour que ça vaille la peine de façon consistante.

J’ai gommé toutes les bonnes mises à jour et redessiné un contexte aux crayons de couleur.
Et je plane.
Dans la mousse blanche ou six pied sous terre.
Alternativement.

J’attends la main qui pointera le lieu du retour à la logique, au savoir complet, au passage du mot à la marche.
J’attends l’excès totalement subit, pour me souvenir que je porte mon choix.

En espérant ne pas avoir à repasser par le chapitre premier pour réapprendre à m’articuler.

Sunday, July 23, 2006

the days.













photo: Paulo Alexandre Machado Castro.

C'est le moment.

Tu t'es éloigné à la nage, doucement.
Demain, j'irais là où on vend des terrains à mettre en forme pour dessiner ce que ça aurait pu.

Ta note.

Je lève les bras dans le champ large, caresse le végétal, hésite sur le ciel que je désire et sur la direction de ma danse..

J'avais juré aux autres* que je ne découperais ma nostalgie qu'en quatre parcelles.
Tu étais déjà voisin. Pas regardé, vu.

Entre.
Içi, tu planteras tes fruits.

Plus l'éloignement se précise, plus le périmètre des mes promenades s'élargit.
J'accroche.

La jeune fille aux yeux ne campe plus devant mon anxiété, mes chaussures me font mal parfois, et je porte des bermudas.
L'après soleil existe épisodiquement dans la perspective.

Déshabille toi, il va faire froid.
Je t'aime trois fois, et j'inspire fort.

Encore.

Monday, June 19, 2006

fuzzy - male - root.
















De respect, j'en fais preuve, même quand tu me regardes avec tes lunettes de soleil.


Je te sourirais toujours quand tu te présenteras devant ma porte, mais je ne te l'ouvrirais plus avant que tu frappes.
Tu m'as dérobé au jeu, détruit nos balles fragiles, et craché dans les bacs à sable afin de me poser en statuette prestigieuse dans ta bulle soporifique.

Le cuir de ton canapé collait.

Pas envie, jamais eu envie. J'ai aidé à construire la maquette avec une résignation dissimulée.
Brûle le carton-pâte.

Du vrai.

Pas quand je te retourne les coups. Quand tes agressions passives ne me heurtent plus.

Sunday, January 01, 2006

Lui.


















C'est son regard qui me fait.

Il ne sait pas que c'est à lui que j'ai confié mon assurance, mon amour propre.
J'ai confié la plus grande pièce de la maison de mon bien-être à un inconnu qui préfère peut-être les dames...ou qui ne me préfère tout simplement pas.

Je veux faire l'indifferent plus intensément à chaque instant où mon affection grandit.
Mon amour.

C'est dans ce lieu où je ne sais pas si il existe que mon esprit veut le réfléchir, le questionner, le contempler.

Ma technique est la tentative de faces intriguantes, distanciées, toutefois criant "je te veux" sans qu'on n'ose y croire.
Il passe, mes jambes se fragilisent, trop d'air dans les poumons...ou pas assez, je joue une fiction à deux sans certitude que la réalité la valide.

Nos yeux se croisent. Il me poignarde d'un coup sec. Je suis heureux.
Il dévie. En fait va, aileurs, ailleurs qu'en moi. Je ne suis plus.

Histoire sans fin, parce que je n'ose l'action.

La lâcheté est une bombe.

Sunday, November 27, 2005

Parallèle.






















Si j'avais de la chair fraiche de malheur, je ne vous la donnerais pas.

Il y eut autrefois des épisodes, la pudeur m'empêche de vous les raconter, en faire une histoire équivaudrait à les éxagérer.

On peut être doué pour le malheur, je ne le suis pas.
Est-ce dû à un système d'indifference, à un dispositif ironique....

J'aurais aimé être davantage malheureux(se) pour qu'enfin le monde soit réel, pour éprouver un sentiment d'exister plus aigu. Mais je ne me suis jamais trouvé dans un état de malheur pur.
J'espère un jour souffrir beaucoup, aller plus loin.

Je n'ai pas encore rencontré mon histoire.


(Texte: Sophie Calle/ Photo: new-york)

Tuesday, September 13, 2005

A Hail To The Tears.



La musique est toujours la même, pour le train. Essayer d'être aussi triste que la note de piano.
Parce que.

Parce que le paysage défile et que l'on quitte instantanément ce que l'on vient de rejoindre. Surprise, attente, rencontre, séparation, déception, et plaisir d'être triste.

Le défilé d'images m'offrira un vécu.

Une quantité énorme, une quantité vide. De la façade pour eux. Pour moi.

Ou quand essayer d'être est un loisir qui n'amuse pas celui qui le pratique, mais est le seul moyen de rendre quelque peu ludique un amour profond pour la mélancolie.

Le triste est beau mais la larme froide ne réchauffe pas les coeurs. Elle panse le mien.

J'attraperai l'existence.


(photo: markus hartel )

Sunday, June 05, 2005

motherfull child.

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Je Suis Ma Mère.

Je suis cette femme que je vois battante et dont j'efface les chutes.
Elle ne vole pas, elle tient la terre avec une facilité déconcertante.
Pas un problème d'ailes.
Elle sait regarder haut mais n'oublie jamais de ne pas fermer le regard sur le virtuel plaisant.

Je suis cette femme forte.


Je Ne Suis Pas Ma Mère.

Je ne suis pas cette femme dont les pleurs crient résignation et complaisance légitimées.
Elle parle d'utopie et incarne son arme de destruction massive individuelle.
Sourire n'est pas bonheur.
Lève le coin de tes lèvres trop fort et je te collerais la réalité sur les joues.
Le poids.


Je dois apprendre à devenir homme. Pour être. Fuir d'elles afin d'exister plus fort.

Thursday, September 30, 2004

karen.

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Karen est heureuse, sa vie va, elle va, elle veut que le monde aille.

petite, elle se disait que le monde n'avançait pas parce qu'il n'avait pas de jambes. aujourd'hui, elle a comprit que le monde c'est nous, et qu'elle est comme chacun, une petite partie des jambes du monde.

alors elle avance.

elle veut des valeurs, pas de la morale.
elle veut du partage, pas du matériel divisé.

elle chute souvent, mais elle tente d'être consciente, de réagir.
et c'est déjà ça.

Karen est mon héros.

Wednesday, August 25, 2004

remembering aaliyah.

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Fans of r'n'b star Aaliyah (from left) Charla Knott, and former classmates Andrew Braxton, who graduated from Detroit High School for the Fine and Performing Arts with Aaliyah in 1997, and Lashonda Clayborn, who graduated in 1996, reflect on the loss of their friend who died tradgically in a plane crash in the Bahamas. Hundreds of fans attended a candlelight vigil for Aaliyah (Aaliyah Haughton) outside her former high school in Detroit.

(aaliyah.com)

Saturday, June 12, 2004

amber in a studio.

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cette jeune femme est en pleine tentative de création.

son truc à elle, c'est la musique.

elle enregistre son disque. le premier, c'est vous dire si il est important pour elle. elle veut quelque chose qui la reflette. elle va se demander toute la nuit ce que tout cela signifie, assise dans cette pièce juste à coté des studios.

elle entend la voix de sa mère lui disant que c'est un milieu de requins. elle en parlera de cela, de ses méfiances, et du fait qu'elle ait besoin de déballer sa vie dans un morceau de 3 minutes 39 pour se sentir libre.

elle entend une note, un musicien a posé un doigt sur le piano. elle se lève et va écrire. elle écrit tout, tout ces riens qui la font vivre.

elle a la musique dans dans la peau.

Thursday, June 10, 2004

men on the beach.

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ils sont amis depuis longtemps.

celui du milieu regarde une femme qui passe, il se dit qu'elle est jolie mais il n'ose pas aller à sa rencontre, il a toujours été timide, a toujours patienté, et désiré chaque jour un peu plus. demain, elle repassera. demain, il osera peut-être.

celui de droite regarde aussi cette femme, mais avec des yeux de consommateur.
il scrute les moindres parcelles de son corps et imagine ce qu'il pourrait faire avec, pour son plaisir. il pense qu' il est "un bon", "un vrai". demain, elle repassera. demain, il regardera une autre jeune femme, juste derrière, une femme un peu plus mangeable qu'il abordera, elle acceptera, ils coucheront, et il s'aimera davantage.

celui de gauche ne regarde pas la jeune femme qui passe, il pense à demain, à cet enfant dont il aura la charge et surtout à sa femme. il l'adore, il ne la désire plus mais il ne sait pas si il retrouverait quelqu'un qu'il respecterait autant.
demain, elle repassera. demain, il ne la regardera toujours pas.
il sera père.

Friday, May 14, 2004

Juste pour le plaisir:

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N'oubliez pas de sourire à chaque fois que vous êtes content, ça aide à se détacher de la pensée du pire.

Friday, April 30, 2004

...

on a ri en se disant que dans 10 ans on ne saura toujours pas quoi faire de nos vies.

je crains que sans toi, je bascule dans une periode de troubles.

c'est si difficile....
on se disait qu'après tout, on était jeune, qu'on avait le temps.
ce temps que tu n'as plus me parait si infini.

idiote.

je t'aime.

Wednesday, April 28, 2004

too much light for lucy.

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le soleil l'éblouit, il lui rappelle cette lumière artificielle que l'on projette sur elle dès qu'elle met un pied dehors.

elle voulait qu'on s'interesse à elle, pour elle.